Deuxième course : Nogaro Nous sommes en fait à la troisième manche du challenge des monos. Celle-ci se déroule sur le très beau circuit Paul Armagnac en même temps que les endurances 4h et 6h du Ducati Club de France.

 

Je retrouve Manu (n°90) sur le paddock pour la première séance d'essais. Je nage dans une sorte de défaitisme résigné depuis quelques jours mais je vais essayer de ne pas laisser transparaître. J'ai en effet raté la journée club du week-end précédent et je me suis rabattu sur Pau pour rouler quand même un petit peu et préparer la course.

J'ai roulé ici une heure (3*20'), en début d'année :on ne peut pas dire que je connais ce circuit !! Je ne ferais pas de chronos pour cette première session du matin, relativement longue :55 minutes. Pour l'instant, tout va bien, je trouve que ma moto marche bien (note de moi : cette ignorance est très touchante !) j'ai enrhumé plusieurs monos dans la ligne droite, j'apprends les spécificités de ce circuit petit à petit en essayant de me concentrer sur les endroits que je pense être importants. Dans la session qui suit, la seule chronométrée ce jour là, je prends une leçon avec Manu. Merci pour le stage accéléré ! La chaleur est insupportable, je ne vais pas ou bout de la session, la moto a perdu 200 tours en bout de ligne droite. Dans les derniers tours, je le vois s'éloigner progressivement sans rien pouvoir y faire, je m'accroche néanmoins et j'aligne 2 tours en 1'53'' et quelques. Manu est optimiste, je tente de me préserver d'une éventuelle grosse déception en demeurant attentiste, voire chiant ! La dernière session de ce vendredi d'essais libres ne sera pas chronométrée. Je n'irais d'ailleurs pas au bout des 35'. Je commence à douter fortement. Je me fais littéralement déposé dans la ligne droite ainsi que dans la sortie du S du lac. C'est un fait, les autres monos (pas tous) marchent mieux (beaucoup mieux) que le mien… Je suis rejoins dans la soirée par Pakal, Jordane et Sandra qui vont nous filer un coup de main pendant le week-end. En comptant mon épouse Célia et ma sœur, nous sommes alors 7 (2 pilotes, 5 assistants). L'ambiance est familiale, j'aime bien.

Dans les bouts de droit, recherche de la position la plus aérodynamique pour compenser le manque de watts....

Samedi Matin, 25' de qualifs, ça passe très vite ! Mon plan est le suivant, je pars devant Manu, avec un rythme de chauffe élevé. Je sais qu'il va me repasser au bout d'un moment et j'espère pouvoir ainsi reproduire la situation des essais. Ca ne marchera pas. Il rentre au stands, son sélecteur s'est bloqué. Il répare et se permet quand même de réaliser 1:51.832 . De mon côté, livré à moi même, le verdict est immédiat, 1:54.295. c'est tout ce que je sais faire à ce moment. Je suis ralenti dans pas mal d'endroit par des motos qui m'ont passé en ligne droite, c'est râlant. Le moral est moyen. Manu reste optimiste … c'est lui qui a raison.

Samedi après midi, 20', c'est court. Mon panneau me désespère, dans les stands, on s'inquiète. 1'55'' 1'54''. Je suis bloqué par un concurrent dont je n'arrive pas à me défaire. Est-ce le manque de gniack ou la fatigue ? toujours est-il que je ne m'en sors pas. Le salut vient une fois de plus de Manu. Lassé de me voir hésiter, il nous passe tout les deux dans le dernier droite de Caupenne par une très belle manœuvre qu'il affectionne particulièrement. Je profite de l'effet de surprise pour en faire de même. La route est libre, je finis mes deux derniers tours en 1'53'' et quelques, le couteau entre les dents. Manu tombe sous la barre des 1'50'' Chapeau et merci. Je suis donc qualifié pour la finale, 34e au scratch. C'est encore passé juste. L'objectif du week-end est atteint mais je reste perplexe. Le moto est visiblement moins bien que les autres. Je décide alors de changer la transmission pour la course. Le manque d'expérience parle encore. En étant plus réactif, j'aurais du le faire entre les deux séances de qualifs pour tester. J'aurais alors pu prendre les bonnes décisions car je pense que malgré les modifications, je tirais encore trop long. Je ne pense pas que les meilleurs monos soient vraiment beaucoup plus puissants. A mon avis, leur courbe de couple est beaucoup mieux remplie. On en profite pour boire un petit coup d'un vin qui pétille. Ca va devenir une tradition : Si je me qualifie, on arrose !

Dimanche Matin, le grand moment. Je me suis levé un peu plus tôt pour assister à la consolante. Je n'ai pas l'impression de subir le stress mais certains signes ne trompent personnes. Je me ferais encore panneauter pour la course. On sait où on en est. Deux pilotes se sont désister, je suis donc 32e et je gagne une ligne. Je n'ai qu'une envie : tous les bouffer. Première, le roue avant décolle sensiblement, vite la deuxième avant le rupteur (note de moi : cette saloperie de rupteur est en train de prendre un raclée chez Carreras ) la moto guidonne un peu, c'est amusant avec 40cv.

Le départ, toujours un grand moment....

Je manque de prendre un gars qui semble être arrêté, c'est chaud. Je suis pas trop mal, instantanément dans le rythme (le mien bien sûr pas celui des champions !!!) et je passe deux ou trois pilotes dans le premier tour. Première ligne droite, je me fais doubler par plusieurs motos. J'en reprendrais au freinage. Ce petit jeu va durer plusieurs tours avec un pilote en particuliers le 21.

toujours en recherche de vitesse, dans toutes les positions, façon 125 :-))

Un petit exter dans un endroit que j'affectionne pour cette manoeuvre " gros coeur"

Je tiens ma place en ce début de course, je suis vers 25 au scratch et 14e en stock. Le problème est que j'ai vraiment du mal à contenir les 3 furieux qui klaxonnent derrière moi. Vers la mi course, alors que j'attaque pour les lâcher dans la partie qui suit la ligne droite, je sors sur le vibreur avec un peu trop de gaz et me paye un beau travers qui me refroidi juste assez pour rater le double droite des stands. On doit être vers le 9e tour et j'ai une petite baisse de rythme, je tourne une seconde de moins au tour environ. Je me fais passer en sortie de S du lac et ensuite au début de la ligne droite. Je perds trois places en un tour. Je n'arriverais pas à les reprendre au freinage mais j'ai quand même essayé. Je me dis qu'avec un peu de chance, ils vont me tirer, je vais prendre leur rythme, et je leur ferais un freinage au dernier tour… L'idée était certes plaisante mais… La différence dans la ligne droite était vraiment trop grande. C'est rageant ! une fois devant, je n'ai pas pu les suivre. (NOTE :Il faut cependant relativiser, le n46 qui finit 14e avait le même problème de puissance que moi, c'est lui qui m'a passé dans le S du Lac en se plaçant mieux. Il s'est ensuite débarrasser des deux autres qui était mieux que nous dans la ligne droite. J'avais les moyens, ce jour, de faire pareil…..). Je roule maintenant tout seul. Je n'ai personne derrière, enfin pas trop près. Pour me prévenir d'une éventuelle attaque dans ligne droite, je prends désormais celle ci en plein milieu, ça laisse moins de place pour se placer au freinage est ça marche. On me tente un dépassement par la gauche, à deux tours de l'arrivée. Dans le dernier tour, il me le refait par la droite, il est en plein milieu de la piste. Tant pis, je plonge sur les freins à la corde avec comme repère de freinage sa roue. C'est le dernier tour, je vais bien tenir trois virages de plus. Il me reste un gauche et le double droit, je m'applique à prendre la corde plus tôt pour fermer la porte et je finis 1 dixième devant le 79, 2 dixième devant le 70, chaud !

L'arrivée... quand je dis que c'était chaud....

Je suis 17e stock, 27e scratch, best lap 1:51.846. Il y a eu trois abandons. Je gagne donc deux places à la régulière. C'est à la fois peu et beaucoup. Pour une première sortie à Nogaro, je me qualifie, je gagne des places, j'ai tourné en courses dans des temps assez corrects en comparaison de mon expérience et, surtout, j'ai plus de 2 s de marge rien qu'en performance machine (j'ai compté dans la ligne droite). C'est plutôt très positif !!