Coupe de france d'endurance à Dijon Prenois 7 Aout 2004:

 

Le monotinental circus s'est donné rendez-vous pour la première fois de son existence sur le circuit de Prenois. Les spéculations vont bon train : va falloir du moteur!.... et un gros coeur ! Tout à apprendre ! Alors je prends mon Lolo préféré (#37) et on va s'en faire le tour à pieds.

Quand tu le découvres, le sentiment dominant est plutôt dans le :" un truc de barge ! un circuit de malade ! etc" ....Lino Ventura aurait dit un truc genre : " faut tout de même admettre que c'est plutôt un circuit d'homme !"

Vendredi pour la première séance d'essais, il pleut. Moi qui adore la pluie ! Tout petit déjà je ne sortais ma mobylette que lorsque il pleuvait ! Aujoud'hui je n'ai pas de chance. Habitant à Nice, je n'ai jamais l'occasion de rouler sous des seaux d'eau. Une petite averse par ci, un petit orage par là mais... de la vraie bonne pluie, un bon gros temps avec les roues de la moto qui dessinent une trajectoire dans l'épaisseur d'eau que Dame Nature nous fait le plaisir de répandre sur la route vièrge de tout radar (note: les radars ne sortent pas sous la pluie contrairement aux escargots !) et bien ça non ! Jamais ou presque je n'ai droit à ça chez moi ! Quelle région pourrie ! 250 jours de soleil par an, ça fait des bo urricauds sous la pluie ! Alors tu parles que le Mikeul, pour la première séance d'essais sur un nouveau circuit, il est super content ! J'ai une excuse ce matin là, je rode. J'ai une excuse pour me trainer sans que ça se voit trop. Pis j'ai un nouveau carénage, une nouvelle peinture et j'ai pas eu le temps de la prendre en photo pour le compte rendu et pis........surtout.......voilà.........

 

Pourquoi je rode ? Tu fais bien de me poser la question. Et bien.....c'est à dire......j'ai un moteur tout neuf. J'en ai eu marre de galérer et j'ai décidé de faire faire un moteur propre. Alain Carréras m'a donc refait un moteur complet avec des bouts de trucs neufs dedans et une dernière évolution que j'ai pas eu le loisir de tester. Avec le recul, c'est ce que j'aurais du faire faire cet hiver. J'ai essayé d'&eacu te;conomiser en bricolant, en faisant l'apprenti sorcier, et j'ai fait des conneries. Au final, en essayant moins dépenser, ça m'a couté plus cher et surtout 2 courses.......A méditer, comme dirait quelqu'un qui utilise cette expression ;-)

Deuxième séance d'essais. La piste est sèche ! Ha non pas ça ! Moi qui commençait à prendre un pied d'enfer sur le mouillé. Je le sentais bien. Je tournais à peine à 15 secondes du #46. Respect ! Ha moi la pluie ça ne rigole pas, y a du niveau. Là c'est sec ! Déçu mais résigné, je fais quand même la séance d'éssais. C'est plus rapide du coup. On a un peu changé le braquet parce qu'il est bien rapide le circuit et la ligne droite elle est longue mais surtout.....le moteur il respire grave ! Et tu sais comment je m'en suis rendu compte ? J'ai fait le bout de droit à Chauchot et Yannick Darre qui roulaient ensembles. Putain je te raconte pas la banane! Alain n'est pas satisfait. Il me dit que la bécane s'assoit dans la ligne droite. Moi je veux bien puisqu'il le dit ! Mais sur le moment, si tu veux, ça m'a pas trop géné ! Pour un moteur pas encore au top, je t'assure que ça va déjà bien. Si si !

 

Samedi la journée s'annonce trés chargée : Qualifs et course! (et appéro le soir !). 8h30 du matin, piste sèche, je fais douze tours. Tout va bien. Les résultats tombent : le #46 1'"34"889, Sébastien Boulay 1'36"943, le #194 1'36"945 et ....moi en 1'37"748. Sur le coup, je t'avoue que ça surpend. Je suis content c'est première ligne ! Mais......Ca fait un moment que le cousin Eric Boulay me dit de me méfier de Sébastien et ça fait donc un moment que je le surveille. A raison. Je salue la performance ! Avec cette marge de progression, il va tous nous bouffer dans pas longtemps. Ils respectent plus rien ces petits jeunes. T'es là, peinard, décontracté du piston, les soupapes en tulipes, assis sur le radeau de tes convictions, tu nages dans le bonheur de tes certitudes et t'as Sebastien qui débarque et te colle une branlée. 'Foiré va !'. A cause de toi, je me suis collé un coup de stress avant la 2e seance de qualifs. J'ai presque rien pu avaler à midi. J'avais la boule au ventre et tu sais pourquoi ? Parce qu'il m'a véxé l'enfoiré. Y a pas d'autres mots, j'étais véxé ! Sincèrement content pour lui mais véxé.

 

Pour la deuxième séance, je pars avec les dents qui raclent par terre (note: ça fait mal si t'as les gencives sensibles !). A toc ! Moi qui voulait gérer avant la course......5 tours, je vois le panneau qui indique 1'36". C'est mieux que Sébastien, je m'arrête. Bénédicte m' a pris en 1'35"98, sur la télé c'est en fait 1'36"084. Je suis profondémént déçu du manque de précision de son chronométrage, elle sera chatiée comme de juste ! Je repars pas. On peut surveiller les temps des autres avec la télé. J'ai le deuxième temps et vais le garder. Alors Sébastien ?! C' EST QUI LE PATRON ???!!!!!! Voilà que je m'excite tout seul. C'est pas bon à mon âge. Faut que je m'économise, j'ai plus 20 ans. De tout façon, je ne fais que retarder l'iné ;vitable : La montée en puissance de la nouvelle génération.........Je sais pas ce qu'ont fait les autres mais moi je me suis fait un bon casse-croute et une grosse sièste. Le stress moi ça me fatigue.

 

La course:

La pression est plus importante que d'habitude. Depuis mes deux abandons, j'ai retrouvé , non sans bonheur, le coup de speed du départ d'une course. Mais cette deuxième place sur la ligne me laisse perplexe....hoooo vous avez tort de sourire. Ma SZR est un peu susceptible et n'apprécie pas la plaisanterie. Elle exige des excuses pour ce qui s'est passé en qualification. Moi je veux bien, j'ai pas réussi un départ depuis que je suis en proto alors avec cette bande de furieux collée... tout prés...., je ne me donne pas beaucoup d'autres c hoix que de le réussir. Les scénari de courses sont: soit je réussis le départ, je m'échappe en essayant de suivre le #46 sur quelques tours, soit je le rate(plus probable) et je me retrouve dans un paquet inamical. Ce ne sont que des probabilités. Si on pouvait donner le résultat des courses à l'avance, on ferait les qualifs et la course au comptoir du troquet du coin.

Sébastien abandonne à la fin du tour de formation. Je connais ce genre de truc, je compatis. Seb tu vas écouter un peu les vieux et dans pas longtemps c'est toi qui donnera la leçon!

tour de chauffe

Le départ: je vire deuxième au premier virage, Chauchot semble à la rue dans ce premier tour et je le passe dans le gauche en devers. Je suis donc à ce moment en tête de la course. Pour comparer la sensation: un tube en surf, une énorme double bosse en snowboard. Une sensation d'une trés grande intensité qui ne dure qu'un instant mais qui reste comme figée dans ton esprit. Ca aurait pu durer, oui mais non. Freinage du raidillon, je repasse second.

Je me fais taper au freinage

Ha ben non finalement, il est pas à la rue! Je pensais pas faire la course en tête de toute façon. Tu me connais! je suis un gars discret et timide et ça m'aurait géné de sentir que les gens me regardent. Me voilà désormais parti dans une course poursuite que je sais perdue d'avance. Je me dis qu'il va peut être mettre du temps pour prendre son rythme mais quand bien même dieux pointerait son doigt sur moi et me laisserait garder le contact, il peut me mettre 3 grosses secondes sur un seul tour. Ca fait mal! J'espère quand même m'échapper. C'est ce que j'ai l'impression de faire.

Mais j'essaie de m'accrocher!

 

Retour en arrière, briefing de Lucky (#65 en 2003).

Mikeul: " Dis moi Lucky"

Lucky:" Oui?"

Mikeul: "comment tu gérais ta course l'an dernier quand tu partais second, tu savais que tu tiendrais pas le rythme d'olivier et que t'avais un tas de furieux à ta poursuite?"

Lucky:" Tu pars, tu téchappes en essayant de suivre le premier, puis quand tu le perds de vue tu perds ton rythme et tu te fais rattraper...."

Mikeul:" Merci, je le sens bien comme ça"

 

Je m'échappe, un peu, pas trop en fait. Je peux contr ôler visuellement mon avance sur certaines portions du circuit. Ca fait pas lourd! Vers la mi-course Chauchot augmente le rythme, je le perds de vue. Deux tours apres environ je me fais rejoindre. Le #194, le #68 m'attaquent, me passent, je repasse, ça repasse etc... Je me souviens plus du détais mais je vous la sers dans la catégorie: explication, sérieuse, de gentlemen .

On s'approche de la fin de la course. Je suis troisième, le #194, juste devant, le #68 juste derrière et moi au beau milieu de tout ça... Si je reste là, je prends le pari d'attaquer dans le dernier tour pour jouer la deuxième place, mais si je me rate, je prends le risque de finir 4e. Si je repasse dès que je peux, je prends le risque qu'on me fasse le même scénario mais il y a moins de chance que le les deux passent. Suis-je clair? Je pose 4 je retiens 3 et je repasse en second avant le dernier tour. Dernier tour, le #194 me double sur un freinage, me ferme les portes et m'attaque la ligne droite en zig-zag, exactement ce que je voulais lui faire. Je reste derrière mais Ronald#68 aussi (bravo Rony pour ta prestation!).

youpla boummmm!

Je suis donc 3e. C'est bien 3e aussi! Ca fait que tu montes sur le podium, tu fais la bise à Brigitte, tu vois tes potes, ta nana avec les yeux qui pétillent. Les abandons de débuts de saisons séloignent un peu plus, je suis sur mon petit nuage. Et puis c'est samedi, on va faire l'appéro ce soir.......A mon signal, déchainez les enfers!

 

"t'attaquais toi?"